tristitiam meam
ferdinandus ouellette
(accommodatio: helium magellanicum olivam)

Mea tristitia relicta est
ad mare tamquam navem
suscitaverit eum a mortuis,
nudus pulchre
post trinus.
Quam abripere in infinitum
quod custodit me in ad terminos
ac tenebras?
Et nunc vertit absque fine progreditur,
ut oblivioni tradatur
silentio frigoribus parto.
Omnia enim est sanguinem:
praecipue in nigerrimus cor venenum.
Et ego vidi mirum est,
tamque arboribus
amans in ea perstringere.
In eo cum susurrantis
sed ad designandum daggario.
Aut misere laudaverunt
cum ardentes lapidibus.
Et lux noctis
immiscet viribus.

Ma tristesse
Fernand Ouellette

Ma tristesse s'abandonne
à la mer, comme une barque
revient de la mort,
bellement nue
après le voyage.
Comment s'arracher de l'infini
qui me tient aux confins
des ténèbres?
Je tourne parfois sans fin,
comme oublié,
dans le silence de la saison froide.
Tout dérive avec le sang :
le coeur surtout plus noir qu'un poison.
Et je m'étonne d'avoir rêvé,
si près des arbres,
ébloui contre l'amante.
Certes la voix parlait bas,
mais pour mieux pointer sa dague.
Ou chantait désespérément
en brûlant les pierres.
La nuit et la lumière
confondaient leurs pouvoirs.